Lettre au mouvement

Article écrit le 30 décembre par Yves

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Lettre au mouvement

« Citoyens, Citoyennes, Gilets Jaunes,
Depuis 8 semaines, nous sommes des centaines de milliers, soutenus par des millions, de citoyens à réclamer la justice sociale, la justice fiscale et la justice institutionnelle.
Depuis 8 semaines nous avons perdus des amis, des compagnons, des camarades, des proches, des membres de nos familles.
Depuis 8 semaines nous n’avons rien obtenu de la part de ceux à qui nous demandons, à part du mépris, de l’humiliation et surtout nous subissons au quotidien et à chaque grand rassemblement, une répression inédite depuis 50 ans.


La répression et la violence de l’État. 

La violence d’un État qui refuse obstinément de nous écouter, avec à sa tête un président méprisant, arrogant et hargneux et son gouvernement au service des banques et des grands industriels.
La violence des riches et des élites soutenue par des médias complices.

Et nous continuons de demander la justice
de quémander la justice
comme des mendiants affamés, assoiffés de justice.


Somme nous des mendiants ? Sommes nous réduits à mendier ?


Et le mépris de Classe - car il faut appeler un chat un chat : nous sommes la classe populaire des exploités et Ils sont la classe des exploiteurs - est la seule réponse que nous obtenons.

Jusqu’à quand allons nous demander ?
Jusqu’à quand allons quémander ?
Jusqu’à quand allons nous mendier ?

Nous sommes le peuple.
Nous sommes le pouvoir.
Nous n’avons rien à demander, nous devons prendre.
Nous devons prendre ce qui nous revient.
Nous devons prendre ce qui nous a été volé, pillé.


Nous devons, c’est notre droit et notre devoir pour les générations futures, reprendre le fruit de notre travail, notre terre, notre dignité, nos vies.

Pour cela nous n’avons pas d’autres choix que de nous organiser et ne plus tendre la main, ni la joue.

Nous organiser pour rendre chaque coup au centuple et ne plus perdre de batailles sur le terrain, ne plus reculer, ne plus nous faire humilier.

Nous sommes le peuple, nous sommes le pouvoir, Ils ne sont que l’illusion du pouvoir. Ce pouvoir que NOUS leur donnons.

Chaque rue, chaque maison, chaque parking, chaque rond-point, chaque lieu de travail doit devenir le lieu de la construction de notre victoire.

Sinon, à quoi ces 8 semaines auront-elles servies ? A renforcer encore et toujours le sentiment de puissance et d’impunité de l’État ? Est-ce que c’est ce que nous voulons ?

Ne nous laissons pas endormir par des propositions électoralistes. Organisons nous pour prendre ce qui nous est dû, sans intermédiaires. Organisons nous aussi pour la Grève Générale. 



 Photo de Jocelyn Marquès

PS : à propos du RIC, les Suisses l’ont déjà et pourtant le mouvement des Gilets Jaunes grandit chaque jour un peu plus en Suisse aussi. Le RIC ne doit pas devenir un objectif, mais doit rester un simple outil parmi tant d’autres. Seule la Grève Générale et le rapport de force dans la rue sont les véritables outils pour faire plier l’État et ses alliés. »

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