C'en est assez !

C'en est assez !

Ne pas dénoncer les violences policières illégales ; ne pas les condamner, sans aucune réserve ; ne pas dénoncer la responsabilité politique et pénale de l'Etat dans ces violences ; ne pas réclamer la justice pour tous les blessé-e-s, mutilé-e-s, traumatisé-e-s par cette violence ; ne pas admettre que cette violence est une violence D’État ; ne pas réclamer la libération de tous les militants Gilet Jaune victimes de cette violence D’État et l'abandon de toutes les poursuites judiciaires contre les Gilets Jaunes... c'est non seulement cautionner cette violence, mais c'est aussi la légitimer et c'est aussi insulter et infliger une double peine aux victimes déjà meurtries.

Nous ne pouvons pas légitimer cette violence par notre silence.

Quand le ministre de l'intérieure Castaner affirme qu'il n'y a "aucun policier, aucun gendarme, aucun pompier qui ait attaqué un manifestant", c'est un mensonge D’État.

Des milliers de vidéos, de photos circulent pour prouver qu'il a tort et qu'il ment. Les ignorer, c'est cautionner et légitimer cette violence et ces mensonges et c'est mépriser, insulter les gens blessés, mutilés, traumatisés et, leurs familles brisées.

Pourtant, aucun média n'en a diffusé une seule pendant 2 mois. Seules les pseudos violences perpétuées par les "casseurs" manifestants ont tourné en boucle, dénoncées comme de l'ultra violence de la pire espèce.

Depuis plus de 2 mois, c'est le silence radio du côté des médias. Pire, les manifestants sont accusés d'être les seuls responsables de violences.

Pourtant, quelques rares voix publiques s'élèvent depuis le début du mouvement pour dénoncer cette violence et notamment celle de David Dufresne. Son intervention sur France Culture du 16/01/2019 est édifiante :


Enfin !

Enfin, au bout de 2 mois, même les médias généralistes commencent à traiter le sujet.
France Inter : Gilets jaunes : on a soumis 8 vidéos (et photos) de violences policières présumées à deux avocats
Libération  «Les violences policières masquent la violence du gouvernement»
Libération toujours tient le décompte maintenant des blessés graves : Gilets jaunes : le décompte des blessés graves

Comme le dit l'adage, mieux vaut tard que jamais !

Mais pourtant les Gilets Jaunes dénoncent ces violences dont ils sont victimes depuis le début à travers des témoignages directs, par milliers et par le biais des plateformes alternatives :

Recensement provisoire des blessé-es des manifestations du mois de novembre-décembre 2018


... et beaucoup d'autres...

Mais pourtant, ce que l'on appelle "l'opinion publique" ne réagit pas ou très peu et c'est grâce à cette inaction que le gouvernement se sent encore légitime dans sa répression toujours plus féroces du mouvement des Gilets Jaunes.
C'est parce qu'il considère que l'opinion publique dans sa majorité lui est acquise, par son silence, que le gouvernement continue éhontément de mentir, de nier, d'humilier les victimes et de provoquer et pratiquer ces violences.

Pourquoi ce silence ?

La peur de se tromper, la peur d'être à son tour victime de ces violences, l'ignorance, la fainéantise intellectuelle, morale ?... chacun-e à ses bonnes raisons, sans doute. Mais aujourd'hui prétendre que l'on ne sait pas, n'est plus possible. Les réseaux sociaux, l'internet permettent la circulation et la diffusion de l'information comme jamais il n'en fut le cas. Ne pas la voir relève du choix. Nous pouvons ne pas être en accord politiquement, intellectuellement, philosophiquement, idéologiquement avec les Gilets Jaunes et toutes les composantes du mouvement social actuel, mais nous ne pouvons pas ignorer la violence D’État, la répression injustifiée de cette violence. L'ignorer, c'est la cautionner, la légitimer.

Il est temps que cette "opinion publique" sorte de mutisme, de son autisme et regarde la vérité en face, aussi dure soit-elle.
Il est temps que l'on arrête de tergiverser et d'avoir des états d'âme.

Il faut bien comprendre que chaque manifestant qui compose les cortèges, mène des actions, descend dans la rue uniquement pour faire entendre sa voix, prend le risque, tous les jours d'être blessé, mutilé, battu, agressé... Et pourtant il continue. Ce sont des centaines de milliers de citoyens qui prennent ce risque chaque semaine, dans toute la France. Il ne s'agit pas d'une petite poignée d'extrémistes, non. Il s'agit de familles entières, d'hommes et de femmes, de vieillards, de mamans, de papas, d'enfants de toutes catégories socio-professionnelles, de toutes religions, de toutes obédiences politiques.

Et je n'oublie pas les policiers, les gendarmes qui se suicident en nombre depuis le début du mouvement et même bien avant, parce qu'ils n'en peuvent plus d'obéir à des ordres inhumains, incohérents, criminels de leur hiérarchie comme le dénonce le syndicat de police Vigi police

GILETS JAUNES : UN POLICIER MET EN CAUSE LE GOUVERNEMENT

Mais ce ne sont pas les manifestants qui sont responsables de ça. C'est la politique sécuritaire, aveugle, inhumaine, menée par ce gouvernement et ses prédécesseurs.
Je n'oublie pas les dizaines, les centaines de victimes d'autres mouvements sociaux, ZAD, contre la Loi travail, Nuits debout etc. etc. Tout cela participe de la même logique politique... Mais la violence s'est accrue avec le mouvement des Gilets Jaunes, amplifiée, systématisée et surtout elle s'est normalisée.

Nous ne pouvons plus rester silencieux. Nous ne pouvons plus nous taire.
Chaque citoyen humaniste, progressiste, responsable, conscient, doit réagir et dénoncer ces violences, cette politique sécuritaire et répressive. Il en va de notre avenir. Il en va de notre Histoire, de ce que nous laisserons dans l'Histoire.

Fraternellement
Yves

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